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Epargnez ces tristes victimes, A regrets s'armant contre nous (La Marseillaise)

Epargnez ces tristes victimes, A regrets s'armant contre nous (La Marseillaise)
Le pape est au plus mal. Il y a peu de chance qu'il passe la journée de demain. Vous savez, je ne suis pas catholique certes, mais j'ai du mal à éprouver autre chose que de la ranc½ur envers lui. Je sais bien qu'il est peu chrétien de souhaiter le mal de son prochain et je m'en défends: j'eus préféré une fin plus heureuse pour cet Homme, comme je la souhaite pour tous. Mourir tranquillement dans son lit, en pleine possession de ses moyens, la tête pleine de souvenirs, une vie remplie et en ayant laissé derrière soi un accomplissement, ne serait ce qu'un enfant... Oui, c'est comme ça que l'on devrait tous mourir.

Jean Paul II n'a pas eu d'enfant, ça aurait put être gênant, mais je dois avouer qu'il laissera derrière lui un véritable monument. Bien sur, etre le guide spirituel d'un tiers des Hommes aide. Non, ce n'est pas pour son oeuvre que je lui en veux, il y a une indéniable réussite dans sa vie. Je lui en veux juste parce qu'il a vécu plus longtemps que mon grand père. Egoïste? J'explique.

Mon Grand-père Français avait deux boites à musique chez lui: l'une jouait l'Internationale, l'autre la Marseillaise. Socialiste républicain et athée, bon vivant, homme libre... c'est un peu comme ça que je pourrai le décrire. Il a toujours été féru de voyage et a donc tout naturellement été au Vatican. Il s'est retrouvé dans une foule de fidèles amassés là pour recevoir la bénédiction du souverain pontife. A qui donc ce dernier a-t-il adressé la parole lors de son apparition? Au seul athée du tas: mon grand père. Lorsqu'on demandait ce qu'il lui avait répondu, il lâchait tout simplement: "Bonjour Monsieur". Ce n'était pas Jean Paul II absolvant un de ses fidèles, mais Karol Wojtyla saluant René Roumiguières.

Depuis, et à chacun de ses petits enfants, lorsqu'il allumait sa radio pour écouter les informations, il disait toujours que c'était pour savoir si son ami le pape était mort. Mon grand-père n'a jamais été doué pour éduquer les enfants: lorsqu'on lui demandait si une poêle était chaude, il nous disait de la toucher pour voir... Et lorsque l'on a 6 ans, on croit vraiment que son grand père et le pape sont des amis, au risque plus tard de se brûler les doigts. L'idée s'est ancrée: tant que le pape demeurera vivant, mon grand père aussi.

Ca fait maintenant quelques années que chaque fois que j'entends des nouvelles du pape, la seule chose qui me vient à l'esprit, c'est la mort de mon grand père. Je ne devrais pas lui en vouloir, pourtant c'est comme ça. Mais maintenant que je sais que le pauvre Homme est en train de souffrir le martyre, alors que mon grand père est mort d'une belle mort, je me dis que peut être que le dernier n'aurait jamais accepté le sort de son "ami"...J'espère juste que sept petits enfants valent bien des millions de fidèles...


N°175


En photo: Au dessus de Capesterre, Fin d'après midi, Mars 2005
Obturateur: 1/50
Balance des blancs: Manuelle
Ouverture: F4,9
Mise au point:Automatique
Mode de prise de vue: Composition P
# Posté le vendredi 01 avril 2005 23:27
Modifié le vendredi 01 avril 2005 23:58

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