Pour aujourd'hui, un article polémique. Suite à un article sur le blog de mon frère (et surtout suite aux commentaires qu'il a suscité), j'ai décidé de rédiger une petit article sur Israel et les territoires autonomes de Palestine. Petit cours de Géographie, qui ne vaut pas un bon bouquin, bien entendu.
Vous savez tous (du moins ceux avec qui j'en parle), que je suis extrêmement critique envers la position et l'attitude Américaine dans le monde actuellement. Vous savez peut être également que je me sens naturellement pro Palestinien en ce qui concerne la légitimité vis-à-vis des territoires occupés. Je tiens cependant à tout remettre en perspective. Le climat actuel ne permet plus aucun débat sur la question et je me rend compte que le flou déjà inacceptable laisse place à une bêtise et à des inepties sans nom. Au nom d'un partisanisme extrême, d'une prise de position dictée plus par le comportement du grand nombre que par la raison, nombreux sont ceux (jeunes et adultes) qui tombent dans la facilité: ils soutiennent aveuglément une des forces en demeure sans avoir mesuré le pour et le contre de la question. Pour les territoires occupés d'Israël, les torts sont, comme je l'ai déjà écrit dans un articlé antérieur, partagés.
Prenons donc ce cas et exposons dans un premier lieu les faits: Israël est un pays jeune en tant qu'entité internationale. C'est un cas unique dans l'histoire politique: c'est un pays créé de toutes pièces par un organisme international. Il a même été proposé à Albert Einstein d'en être son premier président. Ce dernier a décliné l'offre. Depuis lors Israël a élargi son territoire, notamment par le fait de la guerre de six jours. En résulte une vieille animosité entre Israël et l'Egypte, la Jordanie. En tant que seul pays au monde peuplé majoritairement de juifs, l'état est souvent confondu avec la religion. Une distinction est cependant nécessaire: un quart (voire un tiers, la proportion est en constante augmentation) (10% si l'on en croit un des comments) de sa population est musulmane. En terme de population ethnique, Israël est très largement habitée par le peuple Sémite (juifs et musulmans). C'est un pays relativement riche, en pointe dans le domaine de la recherche, au PIB/habitant oscillant autour de la moyenne inférieure Européenne (comparable à celui de l'Espagne). Il dispose d'une armée puissante, professionnelle et très bien entraînée, Tsahal. Israël est une vraie démocratie, son parlement,la knesset (edit) dont les membres sont élus au suffrage universel, est dominé actuellement par le Likoud parti conservateur à la tête duquel on trouve l'ancien général Ariel Sharon. Historiquement, alors que le parti travailliste (dont Yitzhak Rabin, assassiné, fut le dirigeant le plus connu) est plutôt souple quand à la gestion des territoires occupés (sur lesquels je reviendrai plus tard), le Likoud est souvent plus difficile, car hostile à l'idée de la création d'un état Palestinien indépendant. Contrairement à une idée reçue, il y a des députés musulmans (travaillistes pour l'ensemble) à la knesset L'importance d'Israël dans le monde est bien entendu liée très étroitement avec son identité religieuse. L'importance de la diaspora juive implique quelques groupes de pressions très actifs en occidents et efficaces car ses représentants sont souvent bien éduqués et en pleine réussite financière, ce qui forcément donne un certain poids à leurs voix. C'est d'ailleurs à cause de cette réussite que les membres de la communauté juive internationale (si je puis me permettre cette expression) sont souvent présentés comme bouc émissaires. En Guadeloupe, où comme Mr Dahomay mon professeur de Français l'a très bien fait remarquer, le mot intellectuel est une injure, la réussite est très peu appréciée par ceux qui n'y parviennent pas. On peut dire que dans le monde, réussir en travaillant est toujours suspect. Associer réussite économique et religion me semble néanmoins être un parallèle dangereux, auquel malheureusement les Juifs ont souvent ete confrontés. Israël est donc le seul état très largement juif du monde et cristallise en son sein un conflit qui enflamme le monde entier.
Passons à la Palestine maintenant. La Palestine est officiellement un territoire administré par Israël. C'est un ensemble morcelé parfois fragmenté encore plus par les colonies Israéliennes. Les colonies sont des "invasions" israéliennes en plein territoire Palestinien. Coupé de la Palestine aux moyens de murs, barrière et autres unités de surveillances, ce sont de véritables îlots autonomes. Un colon Israélien est en général moins riche qu'un Israélien des villes. Ses revenus demeurent néanmoins largement supérieurs à ceux d'un Palestinien. Toute colonie est vécue comme une annexion de fait. L'autorité palestinienne n'a pas souvent eu une véritable autorité, et encore moins de véritables pouvoirs. Le peuple Palestinien est lui-même fragmenté. Sur le plan politique, nous avons d'un coté les hommes du HAMAS, de l'autre, les modérés. Les deux cohabitent dans une espèce d'équilibre des pouvoirs en partie du au fait que celui-ci est quasi inexistant. La figure emblématique de Yasser Arafat a longtemps réussie à tenir d'un coté le suffrage du peuple, de l'autre un certain contrôle sur les groupes extrémistes. Les Palestiniens ont voté pour leur nouveau leader à la mort de Yasser Arafat. La disproportion des résultats porte cependant les stigmates d'un état pas encore vraiment démocratique. J'ai dit état, mais ce n'est pas tout à fait vrai. La Palestine est, avec le Vatican, la seule entité reconnue en tant qu'état par de nombreux pays, mais n'ayant pas de délégation à l'ONU. Le PIB/habitant en Palestine est 5 fois moindre que celui d'Israël, l'accès à l'eau demeure toujours un grave problème tandis que la sécurité et l'éducation ne sont pas assurées. A cela s'ajoute l'absence d'une véritable continuité territoriale, une fertilité excessive (chez les femmes, la terre, quand à elle, est plutôt aride) et quelques lois répressives imposées par Israël (l'interdiction de construire à plus de deux étages à Gaza par exemple, provoque un engoncement total). La construction d'un "mur de sécurité" isole encore plus les fragment de ce territoire en ralentissant tout trafic de marchandise, et, pis encore, la mobilité des Hommes.
Avec ces quelques faits en tête, on peut voir que réduire le problème à un simple conflit de religions est un véritable parjure. Les griefs de part et d'autre maintenant:
Jérusalem bien sur est un endroit sensible. Ville sainte parmi les villes saintes, chacun y va de ses raisons pour la contrôler... Ca date des Croisades cette habitude. Les vraies raisons sont maintenant plus dues à une accumulation de rancoeurs qu'autre chose. Chaque mort de part et d'autre creuse encore plus le fossé. Il est généralement admis qu'un mort créé cinq nouveaux ennemis. Alors il est compréhensible que les deux peuples puissent avoir un certain ressentiment l'un vis-à-vis de l'autre maintenant.
Mon analyse maintenant.
Premièrement je crois que d'un point de vue tout à fait objectif, en se replaçant dans la peau de chacun des peuples, on se rend vite compte que chacun trouve grain à moudre. D'un coté les Israéliens peuvent penser que les Palestiniens ne souhaitent que leur mort (les attentats suicides, rien de pire pour saper le moral...) et sont tous des fous extrémistes, près à se faire sauter dans le seul but de tuer un maximum de juif avec eux. En outre ils peuvent très légitimement montrer que leur réussite économique et sociale est unique au Moyen Orient, qu'ils ont parfaitement utilisé la terre qui leur a été attribuée par la communauté internationale après le massacre auquel leur peuple a été soumis, et donc voir les Palestiniens comme des opportunistes jaloux (j'exagère dans l'effet d'infantilisation, mais en gros, c'est ça). De l'autre coté, les Palestiniens peuvent voir les Israéliens comme des enfants gâtés par la communauté internationale, des envahisseurs qui n'hésitent pas à ériger toujours plus de barrières et à l'attitude répressive et hautaine (un char pour mater des gamins qui envoient des cailloux, ça ne fait pas de vous un héros...). Pour simplifier: d'un cote des riches, de l'autre des pauvres, et une différence de religion au milieu. Pas drôle, et assez inextricable. Nous nous retrouvons dans la même situation qu'entre les catholiques et protestants d'Irlande du Nord, sauf que là, le monde entier s'identifie à un des deux camps...
Voila, après ça, que l'on ne vienne pas me dire que l'un des deux camps est plus agressif que l'autre. C'est Arafat qui n'a pas osé finaliser les accords de paix sous Clinton, c'est Sharon qui a commencé à ériger le mur, ce sont des Palestiniens qui commettent des attentats suicides, des Israéliens qui font des représailles sanglantes. Sur la ville sainte deux peuples frères se battent alors qu'ils ne pourraient faire qu'un.
J'aimerais revoir ces deux amis jouer de la guitare...
N°168
En photo: Une vieille épave, abords du LGT Baimbridge, vue du bâtiment T, aile Nord.
Obturateur:1/1000 sec
Balance des blancs: Automatique
Ouverture: F 4.9
Mise au point: Infinie
Mode de prise de vue: Composition P