Enfin un article léger! (dans le sujet, bien entendu!)

Enfin un article léger! (dans le sujet, bien entendu!)
Pour cet article qui se sera fait attendre, j'attaque un morceau que j'avais toujours voulu aborder mais dont l'épaisseur m'a toujours fait vraiment peur: La régate. Mais j'ai eu, dans mon sommeil (en fait, ça vient de me traverser la tête), une idée miraculeuse : et si je découpais ses différentes phases ? Je m'en veut de ne pas y avoir pensé plus tot. Pour commencer, la plus importante sans doute : le Départ.

Un départ en bateau, c'est pas comme en formule 1, il n'y a pas d'ordre, pas de qualification afin de savoir qui passera premier. Un départ c'est en général une ligne imaginaire située entre un bateau comité ancré et une bouée. En général le vent coupe perpendiculairement la ligne, ce qui fait que les bateaux, ne pouvant aller face au vent, doivent choisir un cote pour s'élancer lorsque le départ est lancé ! Le tout étant donc de couper la ligne au top, du meilleur cote, dégagé des autres (un bateau se trouvant au vent de l'autre, c'est-à-dire entre le vent et l'autre, le lui coupe de manière significative, c'est ce qu'on appelle le cône de dévent) et lancé (un bateau, ça prend du temps pour accélérer !). Trop de précipitation et c'est, selon la règle instaurée par le comite, soit la disqualification soit une pénalité (en général aller enrouler la bouée de la ligne, ce qui promet déjà une course fichue !). Trop peu, et on se retrouve avec une tache immense : rattraper les autres.

La voile est un jeu complexe, ce qui rend toute course passionnante. C'est un sport, mais c'est avant tout de la stratégie. Les règles donc ! Il y a celles qui sont toujours de mise (si vous les connaissez, passez directement au texte! Par ailleurs, leur compréhension n'est pas vitale pour la suite) :

(1) Un bateau tribord amure (c'est-à-dire dont le vent vient de sa droite...en se tournant vers l'avant du bateau, un équipier reçoit le vent sur sa joue droite et a donc la voile à sa gauche) est toujours prioritaire par rapport à un bateau bâbord amure (l'inverse).

(2) Un bateau n'est sujet à la priorité que si il est manoeuvrant ; autrement dit, si il est a l'arrêt ou en pleine maneuvre, il doit se tenir à l'écart de la route des autres... Mais les autres doivent tout faire pour l'éviter (règle d'or : tout contact entraîne la disqualification des deux partis, peu importe la priorité, sauf agression avérée).

(3) Un bateau sous le vent est prioritaire par rapport à un bateau à son vent et peut l'entraîner au lof (c'est-à-dire, le pousser à aller face au vent, en montant au vent lui-même, le tout étant pour le bateau sous le vent de garder 5 à 10 degrés de moins que son adversaire pour pouvoir se dépêtrer plus vite), mais doit pour cela avertir clairement son adversaire (Au lof !) et lui laisser le temps de réagir.

(4) Il n'y a pas d'eau au bateau comité. Je ne veux pas dire par la qu'il n'y a physiquement pas d'eau, c'est juste une règle : En général, si un bateau (A) tribord amure est sous le vent d'un autre bateau tribord (B) amure en route libre, trop décale de son adversaire pour user de son droit au lof, se retrouve à foncer vers un amer, il se trouve devant un dilemme : aller tout droit et s'écraser, ou virer et se retrouver soit non manoeuvrant, sois bâbord amure avec un bateau prioritaire qui lui fonce dessus! (A) peut donc demander « de l'eau » au bateau (B), sécurité avant tout. Au bateau comité c'est différent. La position de départ au bateau de comité étant avantageuse (tribord amure et au vent de la flotte), il serait simple de « foncer dans le tas » et demander aux bateaux sous le vent, donc prioritaires d'après la règle (3) de laisser de la place, en invoquant le choc a venir avec le bateau comité! Trop simple donc ! Les comités étant des gens courageux, un adversaire peut donc défendre son bout de ligne en obligeant tout malade (pardon, toute personne voulant gagner à tous prix) à se déporter sine die sur le bateau comité.

Les règles de départ sont simples, en procédure normale, le décompte se fait en 5 minutes. Le bateau comité ne communique le temps aux concurrents que par drapeaux et signal sonore, le drapeau faisant foi (un signal sonore n'est qu'indicatif). Aux concurrents de prendre le temps ave leurs montres (ou de savoir rudement bien compter !) :
- 5minutes, pavillon de classe, les règles normales s'appliquent, la course est officiellement lancée. On peut librement se déplacer au dessus et en dessous de la ligne
- 4 minutes : Peu d'intérêt, sinon pour les bateaux non encore avertis. Un (ou deux) autres drapeau est (sont) hissé(s), indiquant le type de départ qui aura lieu. Il y en a trois :
Premièrement, le plus simple : il suffit d'être sous la ligne au top, on peut être au dessus pendant tout le reste de la procédure ; un bateau au dessus de la ligne au top doit enrouler la bouée du départ avant de s'élancer (il est averti par un drapeau hissé, nommé rappel individuel).
Le deuxième, typique, stipule qu'on n'a pas le droit d'être au dessus de la ligne dans la dernière minute, l'avoir dépassé pendant ce délai est sanctionné comme pour le cas précédent (si la sanction n'est pas appliquée, on parle de DNS, Did Not Start, le contrevenant se prend autant de point que le dernier de la régate, plus un).
Le dernier, le drapeau noir, est le plus ennuyeux. Nommé « Black Flag », il stipule que quiconque coupera la ligne dans la dernière minute sera disqualifié. (on parle alors de OCS : One Couillon Start, couper la ligne trop tôt avec un black flag revient a se bouffer autant de points que le dernier de la régate, plus deux...)

Dans le cas d'un parcours réduit, le drapeau s'y referant doit être levé au plus tard à ce moment (ou aux cinq minutes, je ne suis plus trop sur de moi...)

- 1 minute : Les moteurs, dans le cas des quillards, doivent être au point mort, les regles de départ s'appliquent.
- Départ (et éventuel rappel individuel et/ou rappel général ou lancement simultané de la procédure d'une autre série...)

Comme vous le voyez, il y en a des choses ! Pour la tactique c'est simple : Si le vent oscille légèrement et donne avantage aux bateaux bâbords (meilleur angle au vent, donc théoriquement meilleur angle de remontée et meilleur vitesse), ça vaut la peine de prendre le risque de partir bâbord amure, à la bouée. Dans les autres cas, l'idéal est de pouvoir s'mmiscer au bateau de comité, à pleine vitesse et dégagé de la flotte... Mais comme l'ensemble des bateaux veut être à cette place, ça pose souvent problème. En règle général, mieux vaut se contenter de couper la ligne le plus dégagé et le plus vite possible... Ou alors défendre la place au vent coûte que coûte ! Bien entendu l'assemblage de tant de bateaux sur un petit endroit peu amener des situations cocasses. J'ai la chance d'avoir fait quelques centaines de départ dans ma vie, un article prochain va donc vous narrer quelques morceaux choisis !


En photo: La Triskell Cup vue de la maison... Pas de vent et du mauvais temps pour 70 bateaux... Quels chanceux! (pas faché de l'avoir manquée celle la!)
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# Posted on Sunday, 21 November 2004 at 9:54 AM

Edited on Monday, 22 November 2004 at 4:09 PM

Etre courageux c'est accepter la Paix, pas commencer une guerre.

Etre courageux c'est accepter la Paix, pas commencer une guerre.
Même les plus grands n'échappent pas à leur statu d'Homme. Revenons en arrière, 13 Septembre 1993, Maison Blanche. Trois figures, toutes ont l'air plutôt contentes. Un austère, un joyeux, un maître de cérémonie. Les accords d'Oslo ouvraient une nouvelle aire de paix, du moins le croyait on. Je me souviens toujours que je n'arrivais jamais à me souvenir du nom du gars à gauche. Yitzhak Rabin, premier ministre Israélien.

« Maman, premier ministre d'Israël ça veut dire qu'il est juif ?
- Non, ça veut dire qu'il a été élu par ses concitoyens. Mais oui, il est juif, mais ça, ça n'a plus d'importance.
- Et Arafat il vient d'où ?
- De Palestine
- Là où Jésus est né ?
- Oui.
- Mais alors il vient d'Israël ?
- En quelque sorte oui.
- Mais alors, pourquoi il fait la paix avec son premier ministre ? Ils se sont disputés ?
- Non, pas eux, ceux d'avant.
- Et ils doivent faire la paix pour ceux d'avant ?
- Ecoute chéri, Bill Clinton va parler.»

Autant vous dire que je ne comprenais pas très bien. Mais je savais que c'était quelque chose de très important. Toutes ces personnes avaient l'air vraiment joyeuses. Les troupes Israéliennes, contre la paix avec leurs voisins Palestiniens, devaient dès l'année suivante retirer leurs troupes de Gaza. C'était la promesse de la réconciliation entre deux peuples qui sont globalement appelés Sémites. Ne pas s'entendre avec son voisin, quelle bêtise. Tout va tellement mieux en Europe depuis que La France, l'Allemagne et l'Angleterre ont oublié de se haïr. Il est incroyable qu'un Etat, enfant de la guerre, devienne pays guerrier à son tour. La bonne volonté de deux hommes aura fait croire, le temps que s'écoulent quatre saisons, que nous n'étions peut être pas si bête.

Je me souviens très bien qu'ensuite à eu lieu un reportage à Jérusalem, où un Palestinien et un Israélien avaient joué ensemble de la guitare. C'était beau. La dernière belle image que j'ai de ces deux pays. Si un Israélien et un Palestinien peuvent faire de la musique ensemble, activité ou il faut complicité, de l'attention pour l'autre afin que la fusion soit parfaite, pourquoi leurs peuples ne peuvent ils pas s'entendre?

04 Novembre 1995, l'Homme au nom imprononçable se fait abattre, non pas par un Palestinien, mais par un de ses administrés extrémiste. C'est la fin du rêve. L'Europe est tournée vers la Yougoslavie, la nouvelle fait remous, mais la confiance demeure. Nablus et Bethléem sont rendues à l'autorité Palestinienne. Mais d'un coté comme de l'autre, alors que les deux peuples veulent la paix, les extrémistes minent toute tentative de rapprochement. C'est le déclin orchestré par une minorité, vieille habitude humaine.

2001, Ariel Sharon arrive au pouvoir. Arafat semble incapable d'abandonner son rôle de leader de guerre pour administrer un territoire. En face il se trouve face à un ex général ultra nationnaliste et qui le hait. On retombe dans le travers usuel que ma mère a très bien simplifié : « Le problème avec les hommes, c'est que c'est plus facile de faire le beau avec une mitraillette que de travailler dans les champs et de s'occuper de sa famille.»

Le 11 septembre marquera un tournant : chacun le prend à son compte. Israël et Palestine. Deux peuples, un état, une autorité, pourquoi pas une entente ? Je n'ai jamais réussi à le comprendre. Chaque jour qui passe, chaque mort d'un coté comme de l'autre nous éloigne de plus en plus d'un règlement du conflit. Le fait qu'un nouveau mur de la honte soit érigé ne fait qu'éloigner cette perspective. Peut être qu'un jour mon enfant verra de nouveau un Israélien et un Palestinien jouer de la guitare ensemble, et alors, peut être qu'il ne sera pas déçu par les lendemains qui pleurent.

Onze ans plus tard, Clinton et Arafat connaissent les affres de la vieillesse. On ne pourra en vouloir à aucun d'avoir essayé de changer le monde, mais il reste à leur successeurs de faire en sorte à ce que je puisse moi aussi dire: Oui celui de gauche est Juif, celui de droite est Arabe, mais ça, ça n'a plus d'importance...

# Posted on Friday, 29 October 2004 at 12:56 PM

You were born in the zoo...

You were born in the zoo...
Cette article date de Lundi 25 octobre, désolé pour le délai.

J'abandonne l'écriture de l'article sur l'UGTG, du moins jusqu'à leur prochaine connerie. Trop de rancune, je ne pourrai jamais tout faire tenir en un article. C'est comme me lancer sur le FN, le port du voile, la politique du gouvernement, l'attitude des grands, l'état du monde ;.. Autant vous filer un somnifère et en rester la. C'est par ailleurs quelque chose qui m'agace au plus haut point et que Floup a déjà relevé dans un de ses derniers articles (à lire): l'inintérêt croissant des personnes pour ce qui ne relève pas de leur nombril et qui pourtant a plus de conséquences sur leur vie que ledit nombril. Mais là encore ce n'est pas le sujet de mon article... Bien que je n'entrevois pas encore son sujet, mais là n'est pas la question.

Aujourd'hui nous fêtons l'anniversaire de Natacha, la charmante demoiselle que j'ai la chance d'avoir comme déléguée cette année. Etant donné que je suis l'autre délégué, je suis vachement content qu'il y ai au moins une personne de compétente pour cette charge. Par contre je ne sais pas ce qui a pris à ma classe d'élire un anglais pour une charge qui a l'air plutôt importante quand même. Mais ne parlons pas d'école, redescendons à notre journée. Outre l'anniversaire de Miss Bou donc, la chose la plus intéressante à faire pour voir ce qui se passe sur la terre, c'est bien entendu le site de la BBC. Voyons voir:

Main story : Clinton vient à la rescousse de Kerry. Je prie pour que le remède miracle marche. Je n'en veux pas du tout à ce gars d'avoir cédé aux avances de sa secrétaire... Moi je trouve simplement q'il aurait pu en trouver une plus belle. Sa vie sexuelle, tant qu'elle est légale, n'en fera pas un meilleur ou un moins bon président, tout comme sa vie religieuse. Un président doit être un bon communicateur qui a des idées, le cerveau pour les appliquer et une équipe pour les faire appliquer. L'Amérique n'a pas besoin d'un Texan baptiste qui croit peut être en ce qu'il fait, mais ne sait pas ce qu'il fait. Bref, croisons les doigts...

Je passe sur l'Irak, le jour où j'y lirai de bonnes nouvelles, ce sera que Bush et Hussein danseront la polka sur les sommet de la zone verte sur fond musical de Barry White ("Don't Go Changing")... n'empêche perdre 350 kilos de matériel explosif... Moi je sais à quoi ça rime : ils veulent trouver des armes de destruction massive ! Ca me rappelle une pièce de théâtre qui avait été disséquée dans le Guardian Weekly: Il s'agit d'un remake adapté de l'avant guerre qui voit dans une scène un Collin Powell dépassé qui explique la situation à un George Bush calculateur (loin du stéréotype habituel) : « Ils me demandent comment je peux savoir qu'ils ont des ADM, je peux tout de même pas leur répondre que c'est parce que nous avons toujours les reçus ! »

Je cause mais l'heure tourne, afin de faire court (pour une fois), je propose donc d'oublier l'inutile, et de nous en tenir à une chose : Joyeux Anniversaire Natacha !

(en photo, la vue, la phtoo date d'il y a un mois)

# Posted on Wednesday, 27 October 2004 at 8:31 PM

A l'univers entier, le dernier cri de l'innocence et du désespoir...

A l'univers entier, le dernier cri de l'innocence et du désespoir...
Je ne peux m'en empêcher : un très beau discours, c'est celui que Delgres prononça en Mai 1802 (le 9). Il préférera se faire sauter avec les siens (et avec quelques soldats ennemis par la même) à Matouba plutôt que de voir ses concitoyens redevenir esclaves. Aujourd';hui, Matouba est un coin superbe, comme toujours à Saint Claude, où l'usine produisant l'eau minérale du même nom est implantée, à quelques mètres des lieux historiques. Mine de rien, deux constats demeurent : Si la révolte avait abouti, nous aurions des forces de l'ONU plutôt que des installations françaises, et Matouba ne serait sûrement pas aussi verte mais aussi : Comment des Hommes ont-ils pu se battre en de tels lieux ?


A l'univers entier,le dernier cri de l'innocence et du désespoir,
C'est dans les plus beaux jours d'un siècle à jamais célèbre par le triomphe des Lumières et de la philosophie, qu'une classe d'infortunés qu'on veut anéantir se voit obligée d'élever sa voix vers la postérité, pour lui faire connaître, lorsqu'elle aura disparu, son innocence et ses malheurs.


Victime de quelques individus altérés de sang, qui ont osé tromper le Gouvernement français, une foule de citoyens, toujours fidèle à la patrie se voit enveloppée dans une proscription méditée par l'auteur de tous ses maux.

Le général Richepance, dont nous ne connaissons pas l'étendue des pouvoirs, puisqu'il ne s'annonce que comme général d'armée, ne nous a encore fait connaître son arrivée que par une proclamation, dont les expressions sont si bien mesurées, que, lors même qu'il promet protection, il pourrait nous donner la mort, sans s'écarter des termes dont il se sert. A ce style, nous avons reconnu l'influence du contre-amiral Lacrosse, qui nous a juré une haine éternelle. Oui, nous aimons à croire que le général Richepance, lui aussi, a été trompé par cet homme perfide, qui sait employer également, les poignards et la calomnie.

Quels sont les coups d'autorité dont on nous menace ?
Veut-on diriger contre nous les baïonnettes de ces braves militaires, nous aimions à calculer le moment de l'arrivée, et qui naguère ne les dirigeaient que contre les ennemies de la République ?
Ah ! Plutôt, si nous en croyons les coups d'autorité déjà frappés au Port-de-la-Liberté, le système d'une mort lente dans les cachots continue à être suivi. Eh bien ! Nous choisissons de mourir plus promptement.

Osons le dire, les maximes de la tyrannie la plus atroce, sont surpassées aujourd'hui. Nos anciens tyrans permettaient à un maître d'affranchir son esclave, et tout nous annonce que, dans le siècle de la philosophie, il existe des hommes, malheureusement trop puissants par leur éloignement de l'autorité dont ils émanent, qui ne veulent voir d'Hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur, que dans les fers de l'esclavage.

Et vous, Premier Consul de la République, vous guerrier philosophe de qui nous attendions la justice qui nous était due, pourquoi faut-il que nous ayons à déplorer notre éloignement du foyer d'où partent les conceptions sublimes que vous nous avez si souvent fait admirer ! ah ! sans doute un jour vous connaîtrez notre innocence ; mais il ne sera plus temps, et des pervers auront déjà profité des calomnies qu'ils ont prodiguées contre nous pour consommer notre ruine.

Citoyens de la Guadeloupe, vous dont la différence de l'épiderme est un titre suffisant pour ne point craindre les vengeances dont on nous menace, à moins qu'on ne veuille vous faire un crime de n'avoir pas dirigé vos armes contre nous, vous avez entendu les motifs qui ont excité notre indignation.
La résistance à l'oppression est un droit naturel.
La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause ; elle est celle de la justice et de l'humanité : nous ne la souillerons pas par l'ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive ; mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs. Pour vous, restez dans vos foyers ; ne craignez rien de notre part.
Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés, et d'employer tous nos moyens à les faire respecter
par tous.

Et toi, postérité ! Accorde une larme à nos malheurs et nous mourrons satisfaits.

Le commandant de la Basse-Terre,
Louis DELGRES



Nota : Richepance était le général de l'armée Napolienne dépêchée pour mater la révolte. Par une grave erreur, le fort Saint Charles, à Basse Terre, fut nommé fort Richepanse. C'était une injure à la mémoire Guadeloupéenne et à celle du fort. Certes, Richepanse y est enterré, mais il ne faut pas oublier qu'il a tourné ses canons vers la cité qu'il était censé protéger. Heureusement le monument a été renommé à juste titre Fort Delgres, en l'honneur de celui qui l'a défendu sous le plus fort bombardement que le fort ai connu. Le paragraphe s'adressant au premier consul est bien entendu destiné à Napoléon, dont on croit qu'il fut influencé dans son choix de rétablir l'esclavage par sa femme (Joséphine de Beauharnais, d'origine martiniquaise, était fille de colon esclavagiste) et de puissants profiteurs du commerce triangulaire.

La seule phrase qui soit reprise par l'UGTG est : « La résistance à l'oppression est un droit naturel ». Vous la voyez là sortie de son contexte historique. Vous remarquerez en outre qu'on ne peut trouver meilleur Français que celui de notre ami Delgres. Ecoutez un peu un représentant syndical mal s'exprimer dans une langue qu'il maitrise à peine: le créole (les mots objectivement, révolte, répression ne sont pas tout à fait créoles...)... Je m'arrête la, je c'est une honte déjà que je salisse de mon ressentiment le meilleur discours qu'un Guadeloupéen ai fait.


(En photo, toujours la vue de la maison, mais sous un different réglage d'objectif)
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# Posted on Tuesday, 26 October 2004 at 11:37 AM

Edited on Tuesday, 26 October 2004 at 3:44 PM

Pas (encore) sous les verrous

Pas (encore) sous les verrous
On a beau me dire que c'est une folie que de le faire, il le faut pourtant. Je vais aujourd'hui parler d'un mouvement se prétendant de type syndical et d'orientation indépendantiste qui sape continuellement, et cela fait maintenant des années, le travail des Guadeloupéens. Il s'agit de L'UGTG qui représente 6% de la population et se distingue par un très fort activisme, un discours tantôt messianique, tantôt diabolisant, et surtout une habitude à arrêter toute l'activité de la Guadeloupe en bloquant ses quelques points vitaux dès lors qu'ils sentent qu'on les oublie un peu. Bref, c'est une plaie, qui à l'heure où j'écris ces lignes vient de franchir un nouveau pas dans l'escalade de sa violence en ouvrant le feu sur des policiers.

Leur motif ? L'accès à l'indépendance et le détachement de la tutelle d'un pseudo état colonialiste qui opprimerait ses rangs, par peur de voir éclater leur vérité. On nage en plein Matrix. Il me semble que, par un raisonnement simple, préserver notre île de la dépendance économique et de la tutelle Française passe par plus de travail, plus de volonté, un acharnement à rendre la vie meilleure. Cette vie meilleure ne peut se faire qu'avec des autorités locales intègres, condition non encore remplie, bien qu'en bonne voie.
Comme pour toute entité économique et sociale, l'indépendance financière et l'indépendance sociale ne sont possibles que lorsque la sécurité est assurée, lorsque la stabilité permet un investissement sur le long terme. Avec un marché potentiel de 500 000 habitants, il est cependant certain que la Guadeloupe ne pourra pas vivre que de la banane, et que seul le secteur tertiaire pourrait la sortir d'un marasme économique (véritable) et donc de sa « perfusion » Française. Je vous renvoie à la conférence de Bandung qui s'achevait sur ces mots: "L'indépendance est la condition préblable et nécessaire au développement", je l'aisse l'histoire les contre dire pour moi.

Car l'Etat français dépense plus qu'il ne gagne dans des territoires sans valeur aux yeux des trois quarts de la population métropolitaine. Pourquoi alors lui en vouloir de dépenser à perte pour son plus mauvais élève? C'est là que ressort la première ambiguïté de l'UGTG. Le premier employeur de ses membres est la France. Ce sont en général des fonctionnaires qui sont donc certains de garder leur emploi même après 2 mois de grève et de saccage. Sitôt que l'un d'entre eux est viré (par exemple pour avoir oublié de venir un mois durant), l'ensemble du groupe bloque toute l'activité de l'entreprise (ou, en général, de l'administration) en criant à qui veut l'entendre que leur « camarade » a été viré à cause de sa couleur syndicale. En général il y a deux issus possibles : la liquidation de l'entreprise au bout de 3 mois de blocage total ou la réintégration de l'employé qui n'en fera pas plus à l'avenir, sinon moins. Dans le premier cas, ce n'est pas un incapable qui grossira les rangs du monstrueux chômage guadeloupéen, mais un incapable et quinze travailleurs consciencieux, qui seront élevés au rang de martyrs de la cause indépendantistes : virés par le patronnât blanc malgré tous les efforts de leurs frères UGTGistes. Les syndicalistes seront vite recasés, les travailleurs se retrouveront à l'ANPE. C'est un schémas simple et pourtant tellement répété. Etre à l'UGTG c'est la certitude de faire chier un max quiconque t'emmerde. C'est leur démocratie.

J'ai été sur leur site, c'est vraiment hilarant. Saviez vous que Madassamy est en grève de la faim depuis 2001 ? Même dans le film Samsara sur les moines bouddhistes, le gars il résiste pas plus de 3 ans à se nourrir de lumière. Plus sérieusement, leur discours fait peur. D'abord la « répression » de l'Etat. J'ai vu plus répressif que l'Etat Français. Ainsi l'emprisonnement de Madassamy ? Répression. Dégager les routes bloquées par des barrages sauvages ? Répression. Madassamy aurait donc, en saccageant un bar, fait uniquement son devoir syndical ? Bloquer les routes et entraver le droit à la circulation seraient ainsi des devoirs citoyens ? Moi je veux bien, mais on ne se réclame pas du peuple quand on l'emmerde plus qu'autre chose.

Loin de leurs justifications vaseuses, ce qui m'énerve le plus c'est leur sale manie à se placer dans la continuité de la "glorieuse révolution Guadeloupéenne contre les forces coloniales Françaises de 1802" et de se valoir de l'héritage de Delgres, d'Ignace et de Massoteau. Vous le savez sûrement, j'ai joué un soldat Français dans le remake de cette révolte (et non révolution, ça n'allait tout de même pas changer le pouvoir Français !) et j'avais alors fait quelques recherches sur le sujet par intérêt pour l'histoire de mon île. Je crains que l'insurrection n'ait rien de glorieux dans la manière. Aucun art de la guerre, aucun commandement centralisé, aucune organisation, juste des personnages charismatiques. D'entre tous, seul Delgres trouve grâce à mes yeux. C'était un colonel mulâtre de l'armée Française (ce qui est un exploit pour un Homme de couleur), un très bon écrivain, excellent orateur et un Homme qui croyait en l'égalité des Hommes. Seul problème, c'est que Delgres s'insurgeait à juste titre contre le rétablissement de l'esclavage, mais pas contre l'armée qui avait fait de lui un colonel. Fidèle à sa patrie, ce n'était pas la France qu'il combattait, mais l'esclavagisme. Si dans l'impossibilité de faire entendre raison, l'indépendance était le dernier recours afin de sortir ses frères de ce crime contre l'Humanité, il était alors, certes, près à franchir le pas. Son fameux discours est un concentré d'humanisme et d'espoir, pour la Fraternité, l'Egalité et, avant tout, la Liberté. Il accuse l'homme de sa propre folie, pas les troupes Napoléoniennes. Par ailleurs pour les soldats dépêchés en Guadeloupe, il s'agissait d'écraser une révolte de militaires. La « révolution de 1802 » n'est, techniquement, qu'un coup d'état militaire avorté. Retournons à Ignace et Massoteau. L'histoire dit qu'Ignace a préféré se tuer plutôt que de se rendre. Sa gestion de l'assaut de Baimbridge a été catastrophique. C'était un jeune capitaine agressif et à priori dénué de tout sens de la stratégie. Un excellent orateur cela dit. Son idée d'emmener civils avec lui des civils a causé la mort de ceux-ci et a facilité le travail des troupes Napoléoniennes. Se réclamer de l'héritage de Massoteau, je ne comprends pas. Il n'est pas mort glorieusement comme Delgrès, vu qu'il s'est noyé en allant rejoindre Delgrès. Mourir avant de combattre, il faudra m';expliquer l'intérêt. Bref, Delgres se battait pour les principes révolutionnaires, pour les idées des Lumières, en jurant, dixit son discours, que : « La divinité même ne peut être offensée que nous défendions notre cause; elle est celle de la justice et de l'humanité : nous ne la souillerons pas par l'ombre même du crime. Oui, nous sommes résolus à nous tenir sur une juste défensive ; mais nous ne deviendrons jamais les agresseurs. Pour vous, restez dans vos foyers ; ne craignez rien de notre part.
Nous vous jurons solennellement de respecter vos femmes, vos enfants, vos propriétés, et d'employer tous nos moyens à les faire respecter par tous.
». C'était un grand Homme, qui alors même que l'esclavage est aboli, serait mort d'apoplexie en apprenant ses principes ainsi détournés par des individus ne souhaitant qu'une chose : le pouvoir tout en faisant leurs revendications dans la violence et en faisant peur. comme tous les idéalistes, il est victime de sa propre action, non pas par la grandeur de ses actions, mais de ce que ses décendants en ont fait.

Il ne faut pas se leurrer, le pouvoir, c'est leur but ultime. Ils veulent une autre Guadeloupe. L'indépendance, je veux bien, mais le référundum de 2003, pour lequel une écrasante majorité (73%) de Guadeloupéens a exprimé sans nuance sa défiance vis-à-vis de ses politiciens locaux, me pousse à croire que ce n'est pas l'expression de la volonté générale. En outre une autre Guadeloupe, certes, mais comment ? Vendredi soir, alors que j'attendais que ma mère vienne me chercher, j'ai pu constater qu'il y avait eu, en effet, des manifestations de l'UGTG qui s'étaient déroulées près de mon lycée. Comment ai-je pu le savoir ? Par les témoins de leur mode opératoire habituel : balancer les poubelles par terre, faire des feux de pneus, taguer des slogans sur les murs. C'est à ce moment que je me suis dit : « Et c'est cette Guadeloupe là qu'ils nous proposent ? »

(En photo: Une autre image que j'ai prise, de la fenêtre du studio cette fois. Le rapport avec l'article? Pas grand chose, mais j'allais pas souiller mon blog avec une photo de leurs exactions tout de même...)

P.S: Je viens de me rendre compte qu'ils 'agit de mon 150' article... Ca passe vite...

# Posted on Tuesday, 26 October 2004 at 11:15 AM

Edited on Tuesday, 26 October 2004 at 12:33 PM