Un article en passant

Un article en passant
Ecrire. L’obsession revient. A croire que c’est lorsque les circonstances s’y prêtent le moins que le besoin se fait ressentir. Ecrire pourquoi ? Je ne sais même pas, lundi soir n’est pourtant pas vraiment le moment opportun. Comme tous les soirs en ce moment. Il y a cependant une variable qui détonne dans la constante monotonie de mes journées : Il est 10 heures du soir et ça fait une demi heure que j’ai fermé mes cahiers, rangé mes stylos, remisé mon agenda. Ce n’est pas que j’ai moins de travail que d’habitude, c’est juste que j’ai eu toute l’après midi pour bosser. Remarquez, je sais déjà que, demain, minuit sera la norme qui, elle, semble maintenant invariable. J’écris donc parce que, habitué à me coucher deux heures plus tard, j’ai beau me tourner et me retourner, le sommeil ne vient pas alors que la fatigue est bien là. Trop de choses auxquelles penser, et je ne parle pas ici que de la prépa. Une solution donc, se vider la tête. Ecrire.

Si je tends la main vers la droite, je peux atteindre le dernier Nouvel Obs et un « Le Monde » datant de la semaine dernière. Pas tout ce qu’il y a de plus frais comme nouvelles, mais c’est mieux que rien. Lire le journal en ce moment est pour moi comme s’évader d’un long couloir obscur pour déboucher sur une scène macabre. Il faut se rendre à l’évidence : tout ne va pas pour le mieux. Un quotidien qui se dit de gauche a plus de titres touchant à la sécurité des Français et aux faits divers que sur les relations internationales. Je compare. Le remboursement des condamnés innocents d’Outreau, 1 pleine page contenant un article de fond, un point de vue et une analyse. Famine au Darfour et retour des tensions en Cote d’Ivoire, un 5eme de page dans la colonne « brèves ». Vous pourrez toujours me rétorquer qu’au Darfour ils ne sont pas violés, je demeure convaincu que la dernière visite de Sarkozy dans un lycée de banlieue a moins d’importance que l’attribution d’un prix Nobel. Recevoir celui de la Paix me semble être la plus grande récompense à laquelle un Homme puisse prétendre. Ici c’est une femme, noire, d’un pays Africain qui le reçoit… Tout de suite ça prend moins de place que celui qu’a reçu (très justement cela dit) Clinton. Je connais un de ses successeurs (comme pour l’instant, il n’y en a qu’un, vous ne pourrez pas ne pas me comprendre) qui ne risque pas d’avoir cette distinction. Cela dit il est permis de penser que tant bien même il l’eu reçue, il ne pourrait sûrement pas aller la chercher… Je ne connais pas une personne qui puisse donner la bonne capitale au bon pays nordique, alors un gars qui salue ses «amis les Gréciens »…

Du Nord au Sud de l’Europe, quelle transition. Grèce donc. Mon père y va demain. Non, il ne s’est pas trompé sur la date des Jeux Olympiques, il y va tout simplement pour son boulot. Il y a là un paquebot à voile qui y fait escale et qui a acheté sa nouvelle garde robe chez mon père. Ceci n’est qu’un prétexte pour qu’il puisse encore grimper à 65 mètres de haut et se rendre compte une fois là haut qu’il a oublié un outil… Plus sérieusement il y fera une partie de son métier qui force vraiment le respect. Je ne sais pas si vous vous rendez compte ce que c’est que de se retrouver agrippé à une structure cylindrique en fer à 65 mètre de haut, précairement installé dans un harnais d’alpinisme en train d’arranger la têtière d’une voile de 500 kilos. Détail amusant : avant de se faire hisser (et de grimper, faut pas trop tirer sur sa seule sécurité), il doit alerter tout les officiers afin que ceux-ci mettent une énorme barrette de protection sur les commandes d’activation des radars. En effet mon père travaille à proximité de ceux-ci et leur mise en marche lui ferait le même effet que de mettre sa tête dans un micro-onde. Et il trouvera malgré tout le temps de faire des photos de la vue tel qu’il le fait toujours. Il y en a qui ont des métiers amusants tout de même…

Repartons sur la critique sociale. L’équipage du paquebot en question est composé d’officiers Anglais et Hollandais et de matelots Philippins et Turcs. L’échelle de salaire est de 1/500 à bord d’un tel navire. La première fois que mon père est arrivé sur le bateau, il n’avait pas amené de harnais. Il a donc demandé aux Philippins ce avec quoi ils grimpaient au mat… Ils lui ont tendu une planchette percée de quatre trous. Ca se voit que les officiers ne montent pas aux mats. Comment voulez vous que devant un tel exemple (commandement riche et chrétien, employés pauvres et musulmans) on ne trouve pas là le terreau parfait pour les extrémismes. Imaginez qu’un individu un peu moins placide que ces braves gars et doté d’un bon sens de la communication y développe ses idées sur l’impérialisme occidental… Et il y en a malheureusement un paquet de ces exemples. Homo lupus homini est…et les Hommes n’en tuent pas moins le loup.

Bâillements. Il est temps de s’arrêter. Dommage, j’ai encore tant à écrire. C’est frustrant de ne pas aller au fond des différents sujets abordés. Mais demain j’ai tout de même cours… Plus qu’une semaine et, à défaut de pouvoir m’amuser, je pourrai au moins dormir beaucoup plus. Je comptais écrire sur ma classe, sur mes amis exilés à Paris… Dommage, ce sera pour les vacances.
Ranger l’ordinateur, préparer mon sac, relire une dernière fois la leçon de physique. Retourner à la routine. On s’enferme dans sa bulle, ce n’est peut être pas plus mal… Le temps passe beaucoup plus vite ainsi… En attendant, le monde tourne, et quelque chose me dit que ce n’est pas forcément dans le bon sens.

En photo: Encore une vue à partir de la maison...
[ Adicionar um comentário ] [ Nenhum comentário ]

# Enviado em Segunda 18 Outubro 2004 23:03

Gavin a son Blog

Gavin a son Blog
Ah ! l’age bête. C’est tout de même génial que d’avoir sans arrêt une excuse n’est ce pas ? Moi je dis que tomber sur un blog d’un 13-16 ans c’est comme une bouffée d’air frais dans une journée passée enfermé. J’ai trouvé un blog qui répondait à 7 de mes commandements, si peu après tout. Disons que ce blog ne partage pas la même philosophie que le mien… Quoi de mieux entre frères ? Et oui, Gavin a ouvert un blog (je n’y suis pour rien, promis !), passez donc y lire (ca ne vous fatiguera pas trop, rassurez vous) quelques articles et n’oubliez pas les commentaires (lui comme moi adorons ça). Pour le blog de Gavin, c’est ici.


En image, rien a voir, juste une autre photo que j’ai prise de chez moi.

# Enviado em Terça 12 Outubro 2004 17:37

Don't Panic

Don't Panic
Ca faisait longtemps que je ne m’étais pas assis devant mon ordinateur avec la ferme intention d’écrire un article. Je sens par ailleurs que la fréquence de ceux-ci va sensiblement décliner. C’est dommage, j’ai beaucoup de photos dont je suis plutôt fier pour les illustrer. Mes principes m’interdisant de faire trop d’articles d’affilée sans texte valant son pesant pour accompagner, je ne peux me résoudre à m’incliner vers cette solution. Pourquoi tant de contraintes ? Parce que je viens de commettre un acte masochiste : je suis en prepa. Ce n’est pas si mauvais que ça la prépa. On se rend juste compte à quel point les mathématiques sont compliquées et à quel point on a rien fait durant toute sa vie scolaire. C’est une sacrée remise en question, je vous le dis. Chaque note est une preuve de plus de nos lacunes et le temps semble plus que jamais précieux. C’est la quarantaine avant l’âge. Nous sommes en train de passer une « middle-age crisis » avant l’heure.

Pourquoi je dis nous ? C’est l’avantage dans une prepa « de province » et surtout en Guadeloupe : la classe est vraiment sympathique et on est loin de l’attitude compétitive légendaire pour les prépas. Nous sommes pourtant les concurrents de demain, une fois arrivés dans le métier. A l’inverse quand j’entends le récit des journées en amphi en médecine, je me dis que pour des futurs confrères posés, gentils, attentifs que devraient être les médecins, il y a erreur dans le système. Cela dit je ne vais pas me plaindre, c’est très bien comme ça, vu que je ne suis pas en médecine. A cote de la camaraderie il y a aussi la satisfaction et la fierté de savoir que l’on fait ce qu’il y a de plus pointu avec les meilleurs et que nous acquérons quelque chose d’unique : l’efficacité. J’adore ce mot, et si je n’ai pas abandonné l’espoir d’être politicien un jour (la moitié des membres du gouvernement sont passés par math sup… cela dit, le gouvernement actuel est il une référence ?), je compte en plus utiliser cette idée comme mot d’ordre.

La grande différence demeure dans le niveau de ses camarades. Nous sommes une dizaine de mention très bien dans la classe, et les autres n’ont pas eu cette mention parce qu’ils n’étaient pas trop littéraires… avant quand je ne trouvais pas un exercice ou que je trébuchais sur une question dans un DS, je savais que l’ensemble de la classe buterait d’un seul Homme… Rien de tel maintenant. Le cours va très vite, ce qui n’aurait pas été un problème si son contenu n’était pas incompréhensible. Cela dit les professeurs sont toniques, attentifs à la compréhension et tous dotés d’un solide sens de l’humour… Cynique. Ils maîtrisent le cassage en règle, je devrais vraiment m’en inspirer, parce qu’ils ont de la répartie. Mais cet aspect n’ôte pas l’excellente ambiance qui règne : studieux mais pas préoccupés. Après tout, nous sommes tous dans la même me… aventure.

Le plus fun : les Kholles. Ca se prononce Colle, juste l’habitude de la prépa de tout rendre compliqué. Vous devez convaincre en une heure un professeur que vous ne connaissez pas que vous connaissez votre cours que vous connaissez mal et que vous maîtrisez encore moins. Un véritable exercice d’équilibriste dont le danger évolue au fil de l’humeur du prof kholleur. Un oral improvisé qui permet de rattraper ses notes de DS. Je trouvais difficile de croire les personnes qui me disaient qu’en prépa si tu te relâches un minimum on le sait tout de suite, mais c’est vrai : nous sommes interrogés sans cesse, comment alors pouvoir passer outre !

Cela dit comme le résume très bien Julien qui en est à sa deuxième année de prépa en métropole : « Si tu décides que la prépa est l’enfer, elle le sera plus que tu ne l’imagineras, si tu décides que la prépa sera bien, elle sera mieux que tu pourrais le croire ». Je suppose qu’il suffit de rentrer dans un rythme de croisière consistant à ne jamais reporter au lendemain quelque chose qui prendra 3 heures aujourd’hui, à apprendre ses leçons en plusieurs soirs, ça gène moins que de la recopier par punition après l’interro. Surtout, malheureusement, il faut faire une croix sur des plaisirs coûteux en temps, en l’occurrence pour moi un cinéma hebdomadaire, mes 5h d’Hobie, la bande dessinée, la participation aux régates de quillard ou HC 16, et un article quasi quotidien sur le blog auquel se substituera un article hebdomadaire. Demeurent tout de même le football et l’éventuelle sortie en Dart. La prépa c’est aussi une épreuve physique et je ne compte pas perdre sur ce point la, tout comme par ailleurs je ne compte pas perdre tout court. Si ça me coûte deux ou trois bricoles, tant pis. Je me dis comme tous mes camarades que d’ici deux ou trois ans je serai meilleur et bien calé dans des starting blocks confortables et performants vers la vie.

En attendant je dois tout de même me préparer à un DS de physique en sachant qu’à 7000 Km de là 5 de mes meilleurs amis, une bande avec laquelle n’importe quelle soirée se révèle un régal, sont en train d’apprécier la vie parisienne ensemble lors des nuits blanches…



(En photo: une image dont je suis plutôt fier, un détail d'un coucher de soleil exceptionnel dont j'ai pris une bonne vingtaine de photos qui, incroyablement, sont toutes réussies. Je peux envoyer une sélection d'image choisies rapetissées ou au contraire un exemplaire pleine taille à tous ceux le désirant.)

# Enviado em Sexta 01 Outubro 2004 20:43

Pas de Sciences Po...

Pas de Sciences Po...
Eh bien il ne reste qu'une chose à faire... Travailler.

# Enviado em Sábado 25 Setembro 2004 17:24

Ain't No Mountain High Enough...

Ain't No Mountain High Enough...
Pour cet article je marche à contre courant de mon habitude. J’ai une photo que je veux exposer, mais je ne trouve pas de texte allant avec. Après m’être gentiment moqué des blogs ayant recours au « tout pour la photo », avouez que c’est plutôt embarrassant. Pourtant la photo n’est pas ce que l’on peut dire « belle », mais j’aime beaucoup l’impression générale qui en ressort. Je vais essayer de m’expliquer.

On pourrait croire que c’est la figure du désespoir. Pourtant ce n’est jamais que mon frère Gavin en train de travailler à la lumière de la bougie (document rare !). Ayant dit ça, peut être que c’est bien la figure du désespoir… Techniquement, vu le temps d’ouverture que j’avais callé, le fait qu’elle ne soit pas floue est un miracle conditionné par un seul facteur : Gavin n’a pas bougé d’un poil pendant une seconde. A la bougie ? Oui, à la bougie, c’était après l’accident à la centrale du Moule. Nous sommes peut être dans une région subventionnée par l’Europe pour sa grande part d’énergie renouvelable sur le réseau mais sitôt que la seule centrale viable d’énergie saute, nous nous retrouvons à travailler dans le noir. Des millions dépensés pour retourner à la cire, c’est beau la civilisation. Ce qui est bien dans tout ça c’est que malgré la bougie, Gavin travaille. Rien n’arrête l’éducation. Après tout nous aussi nous pourrons dire à nos petits-enfants : « J’ai travaillé à la bougie », et m’est avis qu’ils sauront parfaitement ce qu’est la bougie… Elle n’est pas prête à disparaître.

Mais sortie de son contexte, pour moi cette photo, c’est la fatalité. Dans toute sa désespérante force. Je pense qu’il n’y a pas de fatalité, ou du moins qu’il ne faut pas en tenir compte. J’ai toujours cru qu’il fallait s’adapter avec ce qu’on a, tenter de l’améliorer, combattre les hasards qui se mettent en chemin. Il ne faut jamais se remettre à la fatalité. Je ne renie pas son éventuelle existence, juste le rapport de l’Homme vis-à-vis d’elle. Même ramenée à deux possibilités seulement, la vie n’en demeure pas moins une suite de choix. C’est la chance d’être un Homme et en un sens, notre seule responsabilité : choisir. Le dernier choix n’étant bien entendu pas le suicide ou la vie, mais au contraire se résigner ou combattre. Il est donc également le premier. C’est peut être très optimiste, mais qu’importe…

Mine de rien cette photo n’est peut être pas si difficile à expliquer. Quand je dis qu’il ne faut pas se remettre à la fatalité…

# Enviado em Sábado 18 Setembro 2004 14:53