Si je tends la main vers la droite, je peux atteindre le dernier Nouvel Obs et un « Le Monde » datant de la semaine dernière. Pas tout ce qu’il y a de plus frais comme nouvelles, mais c’est mieux que rien. Lire le journal en ce moment est pour moi comme s’évader d’un long couloir obscur pour déboucher sur une scène macabre. Il faut se rendre à l’évidence : tout ne va pas pour le mieux. Un quotidien qui se dit de gauche a plus de titres touchant à la sécurité des Français et aux faits divers que sur les relations internationales. Je compare. Le remboursement des condamnés innocents d’Outreau, 1 pleine page contenant un article de fond, un point de vue et une analyse. Famine au Darfour et retour des tensions en Cote d’Ivoire, un 5eme de page dans la colonne « brèves ». Vous pourrez toujours me rétorquer qu’au Darfour ils ne sont pas violés, je demeure convaincu que la dernière visite de Sarkozy dans un lycée de banlieue a moins d’importance que l’attribution d’un prix Nobel. Recevoir celui de la Paix me semble être la plus grande récompense à laquelle un Homme puisse prétendre. Ici c’est une femme, noire, d’un pays Africain qui le reçoit… Tout de suite ça prend moins de place que celui qu’a reçu (très justement cela dit) Clinton. Je connais un de ses successeurs (comme pour l’instant, il n’y en a qu’un, vous ne pourrez pas ne pas me comprendre) qui ne risque pas d’avoir cette distinction. Cela dit il est permis de penser que tant bien même il l’eu reçue, il ne pourrait sûrement pas aller la chercher… Je ne connais pas une personne qui puisse donner la bonne capitale au bon pays nordique, alors un gars qui salue ses «amis les Gréciens »…
Du Nord au Sud de l’Europe, quelle transition. Grèce donc. Mon père y va demain. Non, il ne s’est pas trompé sur la date des Jeux Olympiques, il y va tout simplement pour son boulot. Il y a là un paquebot à voile qui y fait escale et qui a acheté sa nouvelle garde robe chez mon père. Ceci n’est qu’un prétexte pour qu’il puisse encore grimper à 65 mètres de haut et se rendre compte une fois là haut qu’il a oublié un outil… Plus sérieusement il y fera une partie de son métier qui force vraiment le respect. Je ne sais pas si vous vous rendez compte ce que c’est que de se retrouver agrippé à une structure cylindrique en fer à 65 mètre de haut, précairement installé dans un harnais d’alpinisme en train d’arranger la têtière d’une voile de 500 kilos. Détail amusant : avant de se faire hisser (et de grimper, faut pas trop tirer sur sa seule sécurité), il doit alerter tout les officiers afin que ceux-ci mettent une énorme barrette de protection sur les commandes d’activation des radars. En effet mon père travaille à proximité de ceux-ci et leur mise en marche lui ferait le même effet que de mettre sa tête dans un micro-onde. Et il trouvera malgré tout le temps de faire des photos de la vue tel qu’il le fait toujours. Il y en a qui ont des métiers amusants tout de même…
Repartons sur la critique sociale. L’équipage du paquebot en question est composé d’officiers Anglais et Hollandais et de matelots Philippins et Turcs. L’échelle de salaire est de 1/500 à bord d’un tel navire. La première fois que mon père est arrivé sur le bateau, il n’avait pas amené de harnais. Il a donc demandé aux Philippins ce avec quoi ils grimpaient au mat… Ils lui ont tendu une planchette percée de quatre trous. Ca se voit que les officiers ne montent pas aux mats. Comment voulez vous que devant un tel exemple (commandement riche et chrétien, employés pauvres et musulmans) on ne trouve pas là le terreau parfait pour les extrémismes. Imaginez qu’un individu un peu moins placide que ces braves gars et doté d’un bon sens de la communication y développe ses idées sur l’impérialisme occidental… Et il y en a malheureusement un paquet de ces exemples. Homo lupus homini est…et les Hommes n’en tuent pas moins le loup.
Bâillements. Il est temps de s’arrêter. Dommage, j’ai encore tant à écrire. C’est frustrant de ne pas aller au fond des différents sujets abordés. Mais demain j’ai tout de même cours… Plus qu’une semaine et, à défaut de pouvoir m’amuser, je pourrai au moins dormir beaucoup plus. Je comptais écrire sur ma classe, sur mes amis exilés à Paris… Dommage, ce sera pour les vacances.
Ranger l’ordinateur, préparer mon sac, relire une dernière fois la leçon de physique. Retourner à la routine. On s’enferme dans sa bulle, ce n’est peut être pas plus mal… Le temps passe beaucoup plus vite ainsi… En attendant, le monde tourne, et quelque chose me dit que ce n’est pas forcément dans le bon sens.
En photo: Encore une vue à partir de la maison...
